Il y a parfois un air qui vous égaie la plus sombre des journées. C’était lors d’une de ces soirées désespérantes de préparationnaire perdu que l’ami Robin, illustre néo-shamrock, me fait découvrir le concept “Playing For Change”. Et le voilà, le rayon de soleil.

C’est l’histoire d’un mec. Un américain. Mark Johnson est ingénieur du son et réalisateur. En 2005, il se lance un défi : former un groupe dont les membres joueront des quatre coins du monde, sans jamais se rencontrer, car c’est lui qui fera le long voyage et c’est la musique qui les rassemblera. Armé d’un matériel de production mobile digne des grands studios, il choisit ses membres au hasard des rencontres : une rue, une bouche de métro, un balcon, un village perdu. Chacun enregistre la partie de son instrument.

Un guitariste à Israël, un batteur au Congo, un bassiste à Johannesburg, un chanteur rasta du Ghana, une joueuse de sitar indienne, une chorale nord-irlandaise, des percussions d’ indiens du Nouveau Mexique. Le Népal, Amsterdam, Toulouse, Santa Monica, New Orleans, Livourne, Caracas, et des tas d’autres sont aussi représentés. Et là, la musique prend tout son sens. Johnson s’éclate, nous on jubile. Les sons sortent sous forme de montages vidéos sur youtube. C’est un carton : pour Stand By Me, reprise de Ben King, c’est 15 millions de visites ! No More Trouble, One Love, Don’t Worry, Fannie Mae connaissent le même succès. Sur sa route, Johnson est soutenu par Manu Chao et Bono, qui participent au projet.

Johnson sort aussi un documentaire, de 83 minutes, sur son expérience d’un voyage musical sur quatre continents qui l’a mené à la rencontre de musiciens de divers horizons, évoquant la réalité dans laquelle ils vivent et contemplant le pouvoir de la musique en tant que vecteur universel de paix. Face au succès de son entreprise et poussé par des milliers de fans, Playing For Change sort un album.

Le projet prend une nouvelle dimension, et la fondation Playing For Change, organisation à but non-lucratif visant à la construction d’écoles de musique dans le monde (en 2008, la première dans la banlieue de Cape Town en Afrique du Sud) est créée.

En 2009, Playing for Change décide de partir en tournée à travers le monde. Pour la première fois, certains musiciens, choisis par Johnson, se rencontrent pour faire le tour de la planète. Dans les coulisses, Grandpa Elliott, ancien mendiant mi-aveugle de New Orleans, chanteur du groupe, dira, ému :  ”Mon pote, j’ai toujours basé ma vie sur l’amour, mais alors là…”. Le 30 juin prochain, ils seront à la Cigale à Paris.

Sur le site peuvent être visionnés les 23 épisodes de la saga Playing For Change. De quoi tomber amoureux, une fois de plus, de la musique, tout simplement.



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2 Responses to “Playing For Change : Et le monde ne fait plus qu’un…”

  1. stylé, je ne savais pas qu’il y avait un documentaire!
    rendez-vous en juin à la Cigale

  2. C’est beau… Changer le monde…

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