A en croire beaucoup, il est des artistes qu’il est bon de citer. Il y a Justice. Il y aura Birdy nam nam. Il y a eu Daft Punk. Et peu avant, il y avait Moby. Certes, Moby n’est pas français, mais son crâne d’œuf lui permettrait largement de participer au casting d’une pub de mayonnaise Amora, alors on a cédé. Peu importe si vous ignorez qu’il a grandi dans un appartement à New York avec sa chienne Jamie et ses trois rats de laboratoire, fredonnez « Lift me up » et voyez : vous faites instantanément partie du coup. Moby a donc beaucoup fait parler de lui. Ensuite, Moby est parti loin loin, a été partout où on ne l’attendait pas pour se faire des amis improbables. Entre autre, Moby participe à un des titre de l’album In the Zone de Britney Spears, chante avec Mylène Farmer… Et puis Moby s’en est retourné dans son appartement nourrir sa chienne. Et au passage écrire un nouvel album, Wait for me.

Le physique du voisin de pallier insignifiant pour une imagination aussi débordante que touchante
Tapez le nom de l’album sur Google. Vous ne trouverez que des âneries écrites par des gens peu inspirés : « à écouter un jour d’après-cuite », « accrocheur sans être tubesque », « discret… ». Pourtant, l’écoute des premiers accords du titre « Division » suffisent à convaincre le premier venu de la puissance du dernier joujou de Moby.
On lui savait une inspiration électro évidement, blues et rock. Avec Wait for me, c’est l’instrumental qui triomphe. Et Moby nous laisse exulter. »Walk with me » entre autre fait partie du genre de titres qui vous donnent une furieuse envie de garer votre voiture et de continuer le chemin à pied, histoire de mieux savourer le paysage. Prière d’un autre monde interprétée par la rageuse mais ici touchante chanteuse de soul Leela James, dont la voix est transfigurée par les samples de Moby. Bref, l’album s’écoute d’une traite et ne vous avisez pas de le tester comme berceuse : vous risqueriez de vous endormir bien plus tard que prévu.
Mais Wait for me n’est pas qu’une oeuvre musical. L’album s’inscrit dans une collaboration avec le cinéaste photographe peintre américain David Lynch. Et quitte à taper dans le confidentiel, avouons que la tripotée d’américains s’en sort carrément bien. L’artiste réalise pour le musicien une succession d’animation pour l’annonce de l’album, le tout accessible sur youtube. Oubliée la tenue de cosmonaute, ici c’est un étrange bonhomme et son chien qui nous présentent les trouvailles de Moby.

Si jamais vous trouviez les rythmes et la voix chevrotante de Moby plats et ennuyeux, sachez donc que cet album change bien des précédents. Et comme il est mal aisé de faire durer une critique positive, je conclurais sur ce point : ne croyez pas ce que je dis, faites vous votre avis. (http://www.moby.com/journal/2009-04-14/wait-for-me.html)